• Crise du désir

     

     

    Lassitude

     

    Marre de l’autonomie. Marre des responsabilités. « Les peuples », comme on les appelle, préfèrent la tyrannie. Ils rêvent toujours de liberté, d’indépendance, et ne veulent pas reconnaître leurs liens avec les autres peuples. Et dans un mouvement contradictoire et absurde, ils délèguent leur volonté à des violents qui les rassurent. Au nom d’une souveraineté collective, ils renoncent à leur implication personnelle. Ils endorment leurs consciences dans un narcotique idéologique. Ceci ressemble à un retour des idoles, d’autant plus pernicieux que les nouveaux césars se sont défaits des attributs mythiques de leurs prédécesseurs, « petit père du peuple », führer, duce, « Grand Timonier », lider maximo, reconnaissables à leurs uniformes et à leurs fanfares. Nos tyrans d’aujourd’hui sont banals. Leur platitude, leur insignifiance sont un masque bien plus redoutable que la violence ostentatoire de leurs modèles. Les citoyens apeurés se refugient dans l’indifférenciation. Quelle est cette maladie ? Je l’appelle acédie, crise du désir, renoncement à la personne. Elle n’est pas sans remède, mais la fièvre est tenace.

     

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