• Chef-d’œuvre

     

     

    Une affaire de famille,

    de Kore-eda Hirokazu

     

    Dans l’euphémisme, la litote, la retenue, le minuscule et le presque rien, Hirokazu, le cinéaste japonais, qui s’offre des épures dignes de Robert Bresson, parvient à construire un film de deux heures d’une densité exceptionnelle. Tout est représenté à une échelle infiniment réduite, mais en faisant cela, Hirokazu dessine toutes les émotions humaines. La scène clé est celle où Shôta, le petit garçon, regarde une bille de verre et dit qu’à travers elle, il voit l’univers ! Pareillement, à travers la famille de bric et de broc que Hirokazu filme, le cinéaste pose la question première : qu’est-ce qui nous fait tenir ensemble ? Il n’y répond pas. Ou plutôt, il y répond à l’envers en montrant ce qui ne nous fait pas tenir ensemble. Quand, dans la deuxième partie du film, cette famille improbable passe entre les mains de la justice, de la loi et de l’ordre, elle se décompose, elle est détruite. La petite porcelaine fragile de leur union se casse. Quand tout « rentre dans l’ordre », c’est un désordre affolant qui s’installe, un néant d’existence.

       Risquons une morale. Par quoi peut-on remplacer nos liens sensibles, ces nœuds minuscules qui tissent notre toile commune ? Par rien.

     

     

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