• Crise du désir

     

    Ils ont accroché le bonheur avec du chewing-gum :

    ça peut pas coller !

     

    Déliquescence

     

    L’affaiblissement, voire la quasi-disparition des partis politiques, des représentants du peuple légitimes, des leaders, des porte-paroles reconnus, dans les démocraties parlementaires, semble devenir la règle générale. Du Royaume-Uni qui ne sait plus où donner de la souveraineté à l’Italie où les populistes parlent à tort et à travers, en passant par la France où, littéralement, il n’y a plus d’opposition, où allons-nous ? Les grandes idéologies, les oppositions binaires, malgré tous leurs défauts, étaient des repères efficaces. Elles ont disparu, elles ont fondu sous le soleil de l’égoïsme surchauffé des consommateurs rassasiés. Les « gouvernants » ne sont plus à la tête des États, ils siègent dans les conseils d’administration des multinationales et des banques mondialisées. Nous avons l’impression que tout nous échappe, et de fait, tout nous échappe !

       Cela ressemble à une « crise d’indifférenciation ». Les points de vue les plus excentriques se mélangent aux intuitions les plus brillantes… René Girard nous a appris que ce genre de crise se résout généralement dans une explosion de violence, après quoi les critères du vivre-ensemble sont redéfinis. Soyons plus clair : ce genre de crise se résolvait habituellement par l’expulsion violente d’un bouc émissaire qui faisait l’unanimité contre lui, et tout rentrait dans l’ordre. Nous sommes aussi en panne de bouc émissaire. Les migrants peuvent servir, pendant un temps, de substitutions à nos frustrations, mais tout le monde a à peu près compris que les murs, les fossés, les contrôles et toutes les méditerranées n’y feront rien. La mondialisation ne sera pas arrêtée, et s’en prendre aux pauvres est bête et sans issue. Nous ne croyons même plus au grand soir ! Un autre bon bouc émissaire pourrait être le chef de l’État : il a l’air d’avoir été placé là pour recevoir tous les coups. La cible est facile, mais elle cache l’essentiel.

       À quoi ressemble le XXIe siècle jusqu’à présent ? À la simple prolongation du XXe. Ce n’est pas rassurant. Et chacun d’attendre une grande chose tandis qu’il défend son petit bien. Ça craque, ça chauffe, ça peut faire mal… Parler de croissance a presque l’air dérisoire. Ne peut-on attendre autre chose ?

       Ils regardent le ciel. Ils tendent les bras. Où est la promesse ? Qu’est-ce que l’espérance ?

     

    « »
    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :