• Panne de conscience

     

     

     Les pieds dans le plat

     

    Si l’on ne veut pas rester idiot trop longtemps, il va falloir sortir du ronron médiatique – également appelé rumeur, bruit de fond, lieux communs, réseaux sociaux et commérages. Il va falloir briser le cercle infernal de l’information en boucle ! Je prends ici le risque d’aller contre la doxa.

       Les problèmes qui s’additionnent ici et ailleurs sur la planète n’auront jamais de bonnes réponses tant que les questions seront mal posées. Depuis quarante-cinq ans, depuis le premier choc pétrolier de 1973, nous ajoutons crise sur crise, et rien, jamais, n’en sort. Comme un adolescent dont la crise d’acné ne passe pas et qui ne devient jamais adulte… Cela devrait nous intriguer.

       Avant de poser les bonnes questions, voyons celle qui est mal posée. Elle est simple et lancinante : comment sortir de la crise économique ? Or, il saute aux yeux qu’il ne s’agit pas d’une crise économique. Depuis la Seconde Guerre mondiale, la PIB mondial n’a cessé de croître, malgré quelques soubresauts. Dans des pays comme la Chine, il a littéralement explosé ! La crise n’est donc pas à proprement parler économique.

       En réalité, il y a deux crises conjuguées. La première, c’est qu’avec la croissance exponentielle que nous avons connue, la redistribution a été inversée. Il y a proportionnellement de plus en plus de riches plus riches et de plus en plus de pauvres plus pauvres… En gros, ce sont les pauvres qui ont payé la croissance. Dans le même temps, le boom économique s’est accompagné d’une accumulation des dégâts causés à la planète. En encore plus gros, c’est la nature qui paie cash quand nous vivons à crédit… La double question à résoudre, et vite, est celle de l’injustice faite aux hommes et à la terre.

       Qui en parle ? Presque tout le monde, et personne n’entend rien dans le brouhaha général. Il y a quand même une autorité qui a osé « mettre les pieds dans le plat », et clairement, c’est le pape François et son encyclique Laudato si’ (2015). Mais qui s’intéresse au pape ? À peu près personne. Les médias préfèrent l’interroger sur la contraception et sur le mariage homosexuel. Des sujets sur lesquels il est le moins compétent ! Et pendant qu’on pose mal les mauvaises questions, le débat reste béant, alarmant, terrifiant.

       Le bloqueur de la pensée, c’est l’angoisse que la sacro-sainte croissance faiblisse. Et alors ? Elle va probablement disparaître, ou c’est nous qui allons disparaître. Il va falloir trouver autre chose. Hurler à qui mieux mieux qu’il faut « soutenir la croissance », qu’il faut « augmenter le pouvoir d’achat », c’est continuer, aveuglément, à poser la mauvaise question. Nos réponses actuellement sont nos problèmes.  

     

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