• Notre conscience

     

     

    État des lieux

     

    Faisons un peu d’histoire. Quand on examine les événements qui se sont produits dans la décennie 1930-1940, période que les historiens ont surnommée « la montée des périls »*, on est frappé par la progression irrésistible de la guerre. Tout y amenait, rien ne semblait pouvoir l’empêcher, tout le monde la voyait venir, certains l’appelaient de leurs vœux, et elle est arrivée !

       Quels sont aujourd’hui les signes criants qui « annoncent » la suite ? Ils sont peu nombreux, mais ils sont bien lisibles. Il y a la mondialisation qui nous rend, chaque jour, un peu plus dépendants les uns des autres. Il y a cette attente, elle aussi universelle, d’un partage des bénéfices accumulés, résultats des efforts collectifs : attente d’une redistribution des gains, tout simplement. Il y a cette menace globale de la pollution le dioxyde de carbone craché par les usines chinoises empoisonne les enfants du Groenland. Et en même temps, nous assistons à l’enfermement des nations sur elles-mêmes, au repli frileux des individus sur leurs petits acquis, leur obsession de la souveraineté : touche pas à mon lopin ! Le monde n’a plus de clôtures et nous imaginons des armures qui nous cuirasseraient contre ce dont nous savons ne pas pouvoir nous protéger.

       Dans les années 30, si la violence a gagné, c’est que personne n’a su la contenir – ni par les armes, ni par la conviction (les forces de l’esprit). Même le christianisme s’est agenouillé devant Hitler, devant Mussolini, devant Franco. Il était trop tard pour pleurer après. Le même aveuglement poltron ferme aujourd’hui les issues de secours : populismes, America First, Brexit, exclusion des émigrés. La Méditerranée était un cimetière pour migrants en détresse, elle est devenue un rempart contre « le reste du monde », une douve, une barrière d’eau dérision de la bêtise ! Si « toute la misère du monde » ne nous atteint pas, pensent certains, nous serons épargnés. Quand Venise aura sombré sous l’acqua alta de notre apocalypse, nos protestations contre la mondialisation sonneront étrangement. Mais qui s’en souviendra ? 

     

    * Une série récente sur Arte (1918-1939, les rêves brisés de l’entre-deux-guerres) nous l’a rappelé utilement.

     

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