• Shakespeare

     

     

    Adrian Lester dans la mise en scène d'Hamlet par Peter brook

     

    Après la faute

     

    Dans Hamlet, le roi Claudius assimile son péché à celui de Caïn (III, 3, 37-38) :

     

         King. [my offence] hath the primal eldest curse upon ’t,

         A brother’s murder !

     

         LE ROI. – Sur [ma faute] tombe la première et plus ancienne malédiction :

         Celle du meurtre d’un frère !

     

       Claudius parle bien de meurtre et non de sacrifice. Shakespeare n’a pas mis en scène ce meurtre – celui du père d’Hamlet et frère de Claudius –, l’acte est seulement « représenté » par les acteurs devant le roi peu avant la confession de Claudius. Le « premier meurtre » est toujours invisible, impensable, voire impensé. Longtemps, Hamlet refuse d’y croire. Le « premier meurtre » n’est jamais qu’évoqué dans les mythes… De ce point de vue, Hamlet pourrait s’appeler Après la chute. Le thème central serait, vu sous cet angle, non pas celui de la faute – puisqu’elle est déjà commise – mais de l’après, c’est-à-dire celui de la culpabilité. Hamlet en est bien conscient dès le premier acte (I, 5, 189-190) quand il dit :     

     

         Hamlet. The time is out of joint : – O cursèd spite,

        That ever I was born to set it right!

      

         HAMLET. – Le temps est sorti de ses gonds. Exécrable destin !

         Faut-il que je sois né pour tout remettre en ordre !

     

       La culpabilité pèse d’un poids infini. Ce dont Hamlet se sent coupable, ce n’est pas d’avoir commis un crime, mais d’être incapable de le « réparer », c’est-à-dire de le venger. Hamlet est aussi une tragédie de la vengeance empêchée.

     

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