• Crise du désir

     

     

    Malheur aux repus !

     

    Triste fin de l’Europe. Elle a cessé d’être ce qu’elle prétendait être : le phare du monde. Elle a perdu son sel à force d’en trop consommer. Elle se referme, elle se replie sur elle-même, elle a peur. Elle s’est battue pour imposer la démocratie, la liberté, les Droits de l’homme. Elle a donné envie aux autres peuples d’y goûter. Mais elle n’en veut plus.

       L’exemple de la Suède n’est pas unique, mais il est significatif. Voilà une nation riche, libre, un modèle d’état social, d’ordre et de justice, mais dont une partie croissante de la population ne croit plus aux principes qui l’ont fondée. Les migrants y sont-ils trop nombreux ? Ils représentent moins de 3% de la population, et les Suédois affolés les voient partout ! Les valeurs que l’Europe voulait exporter – par la violence autant que par la persuasion – il y a encore un siècle, elle refuse que les étrangers viennent en jouir chez elle !

             […] Couvrez ce cœur que je ne saurais voir.

              Par de pareils objets, les âmes sont blessées,

              Et cela fait venir de coupables pensées. 

       Si l’Europe a jamais été désirable, c’est pour le modèle de la « personne » qu’elle avait conçu, avec son goût de la liberté. Mais elle s’est lassée de son propre modèle. Elle s’effondre sur elle-même, préférant l’indifférenciation avec ses concitoyens au chatoiement des différences. Restons « entre nous », « entre mêmes ». Ceci n’est pas une simple crise identitaire, ceci est une crise du désir, elle est profonde, elle est amère et elle est accompagnée du râle rauque des agonisants.

      

     

    « »
    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :