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    Bac philo série L

     

      

    Peut-on renoncer à la vérité ?

     

    Il n’y a pas que l’infox. Il y a toute la publicité. Il y a toute la com. On ne nous vend pas des produits mais du discours sur des produits. Le plus souvent, on ne nous en vante que le prix, on nous assure qu’il est le plus bas possible – et ça aussi, c’est un mensonge. Sur un produit ou un service acheté, 80 à 90% du coût c’est de la com., c’est-à-dire du vent. S’il reste quelque chose qui ressemble à de l’économie, elle est virtuelle.  

       Cette perte de confiance croissante peut s’avérer désastreuse. Jean-Claude Guillebaud souligne qu’une société ne peut pas tenir sans une base de confiance réciproque. Sapez la confiance, la société s’effrite. Elle ne s’écroule pas d’un coup (il n’y aura pas de grand soir), elle s’émiette, elle se dissout, elle se décompose, elle pourrit sur pied. Le délabrement n’est pas douloureux puisque la com. est elle-même un anesthésiant. Cette dévastation lente ne provoquera pas la colère, mais seulement le dégoût – que par ailleurs j’appelle acédie. C’est très simple. C’est lamentable. C’est dommage. Comme une utopie qui ne fait plus rêver, comme un mirage qui s’efface au fur et à mesure qu’on s’approche de son image.

       Mais peut-être le mensonge n’est-il pas aussi gros qu’on le croit ? En affichant partout, sans fin, « Prix en baisse », on révèle à tous, on avoue que la valeur des choses n’est plus rien. La valeur n’a plus de sens. L’illusion se décolle comme une étiquette usée. L’angoisse est de s’apercevoir qu’il n’y a rien sous l’étiquette.

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