• Illusion et modernité

     

     

    Mobilité (bis)

     

    L’apparition et l’extension du téléphone portable, appelé aussi « mobile », n’a pas élargi le champ d’action des citoyens, loin de là. Les porteurs de messagerie universelle ne sont pas devenus les nomades dont Jacques Attali rêvait il y a vingt ans. À l’inverse, si on veut bien y réfléchir, le territoire des accros du téléphone s’est plutôt rétréci. Ils transportent leur territoire avec eux et n’en explorent que de virtuels. Ils ne vont pas au monde, ils attendent que le monde entre dans leur petite boîte. L’illusion de l’évasion vient de la fascination pour l’image, qui incite à la rêverie. Je devrais dire « les images » : elles sont multiples, instables, éphémères, fugaces, répétitives, obsédantes, exogènes, étrangères, mais elles ne sortent jamais de l’écran. Un rêveur n’est pas un voyageur. Les téléphonistes, même quand ils marchent téléphone en main, ne quittent pas leur environnement. En réalité, ils font du surplace. Pourquoi rester le nez collé sur son portable quand, dans le métro, on est assis devant une fille magnifique ? De toute façon, elle non plus ne vous regarde pas, elle fixe son écran personnel. Chacun dans sa bulle, donc, et paix sur la terre pour les hommes sans volonté.

     

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