• Shakespeare

     

    un adolescent de la Renaissance :

    Saint Jean-Baptiste par Andra del Sarto 

    La densité des Sonnets

     

    La densité des Sonnets est telle qu’en 2127 vers seulement (en excluant les deux derniers sonnets de moindre intérêt), une production dérisoirement minuscule par rapport à son œuvre théâtrale, nous pouvons retrouver tout Shakespeare, tout ce qui fait sa singularité et son génie. Les Sonnets représentent moins de 1,5% de l’intégralité de l’œuvre imprimée que nous avons conservée de lui, mais quelle richesse ! Quelle grandeur ! Et quelle puissance ! Les Sonnets ne sont pas moins riches et moins profonds que les pièces de théâtre que les critiques (ou les traducteurs) ont toujours tendance à privilégier au détriment de la poésie. Helen Vendler, éminente professeure à Harvard et auteure d’une imposante étude intitulée The Art of Shakespeare’s Sonnets, s’excuse en ces termes : ‘Very few lyrics offer the sort of philosophical depth that stimulates meaning-seekers in long, complex and self-contradicting texts like Shakespeare’s plays.’ « Très peu de poèmes présentent une profondeur philosophique équivalente à celle qui stimule les personnes qui recherchent un sens dans les textes longs, complexes et contradictoires que l’on rencontre dans les pièces de Shakespeare. »

       Il me semble, au contraire, que les Sonnets sont largement aussi riches de sens que les comédies et les tragédies et, ce qui est étonnant, dans un espace infiniment plus restreint, avec une économie de moyens bien plus grande ! Il est impossible de croire que Shakespeare ne les a pas pris au sérieux. 

     

    Extrait de mon essai Shakespeare et son double, L’Harmattan, 2011.

     

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