• Bonnes feuilles

      

     

    Ce que l’empathie n’est pas

     

    Ce que l’empathie n’est pas, ce à quoi on la confond souvent, c’est une simple « éthique de la sollicitude ». Elle n’est pas le care, elle n’est pas l’altruisme, elle n’est pas du bouddhisme recyclé pour bobos en mal de transcendance, elle n’est pas la bienveillance (il ne suffit pas « d’être gentil »), pas la Programmation neurolinguistique (PNL), pas une technique de communication. Elle n’est pas une morale, elle n’est pas un succédané d’ONG à usage personnel, elle ne repose pas sur la vigilance, la prévenance, la bienfaisance, elle n’est pas une forme d’entraide. Elle n’est pas un « principe de précaution ». Elle est un peu tout cela à la fois. Tous ces comportements s’en approchent, mais ils passent à côté de l’essentiel : l’importance du modèle. Puisque nous imitons spontanément, puisque nos neurones miroirs fonctionnent même à notre insu, cela signifie que nous sommes perpétuellement en quête de modèles. Et pour comprendre cela, la théorie mimétique nous ouvre une voie royale.

       Avant la mode pour l’empathie, avant l’engouement récent pour la résilience, avant la découverte des neurones miroirs en 1996 par le Pr. Giacomo Rizzolatti et son équipe de l’Université de Parme, René Girard avait mis au jour le mécanisme mimétique qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau. Les neurones miroirs, qu’on appelle aussi « neurones échos » ou « neurones empathiques », ne sont ni plus ni moins que des « neurones mimétiques ». La découverte majeure du Pr. Rizzolatti n’a fait que confirmer l’intuition extraordinaire de René Girard.

     

    Extrait de L’alter de mon ego, éditions L’Harmattan, 2017.

     

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