• Intelligence sensible 

     

     

     

    Sentiments et émotions

     

    La langue anglaise, qui possède un lexique largement plus étendu que le français, confond curieusement sentiment et émotion dans le même mot feeling. Elle est riche d’une multitude de synonymes, d’équivalents, de nuances, mais cela ne compense pas complètement la confusion des sentiments et des émotions.

       Je vois une araignée, j’ai peur : c’est une émotion. Je pense que je pourrais tomber malade, j’ai peur : c’est un sentiment. Le sentiment c’est la représentation de l’émotion, c’est son intériorisation, c’est son image dans la conscience. Les ordinateurs n’auront jamais de conscience tant qu’ils n’auront pas de sentiments, s’ils en ont jamais ! Ils manqueront longtemps (toujours peut-être) d’intériorité. « L’intelligence » qu’on leur fabrique n’a rien à voir ! On sait notamment grâce aux travaux d’Antonio Damasio que l’intelligence rationnelle a besoin de l’intelligence émotionnelle pour fonctionner. Sans émotion, l’intelligence est froide, calculatrice, un peu monstrueuse. Sans intelligence, l’émotion conduit aux passions les plus folles. Les sentiments sont l’interface indispensable entre les émotions chaudes et l’intelligence glacée.

       Les émotions ne s’apprennent pas, à proprement parler. L’intelligence n’est pas innée mais elle se cultive elle est nourrie par la culture. Les sentiments sont « acquis », ils peuvent être appris, je crois même qu’ils peuvent être enseignés. Sinon, pourquoi lire des romans, assister à des tragédies ? Pourquoi écouter Mozart ?

     

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