• Éducation

      

     

    Les décrocheurs

     

    L’enseigneur est donneur de modèles. Il est aussi un modèle. Pourquoi déplore-t-on tant d’échecs scolaires chez les garçons ? Ils manquent de « bons » modèles.

       Une cause qui me semble prédominante, et très politiquement incorrecte, c’est la féminisation du « corps » enseignant. Après la Seconde Guerre mondiale, la profession était partagée à peu près à parité, grâce à la différenciation des Écoles normales. Jusqu’en 1990, les futurs instituteurs étaient formés dans des Écoles normales de garçons et les futures institutrices dans des Écoles normales de filles. « L’indifférenciation » de la formation fait qu’aujourd’hui, on compte globalement quatre femmes pour un homme parmi les enseignants – la disproportion est encore plus accentuée en primaire. Or, c’est entre 6 et 10 ans que le désir d’identification est le plus fort. À qui les garçons s’identifient-ils ? Certainement pas aux femmes. Et les garçons de culture islamique encore moins. Alors, ils décrochent. Et comme « par hasard », c’est dans les milieux défavorisés que l’on trouve le moins d’hommes à leur place de père. La famille est réduite à : des mères célibataires, des divorces « au bénéfice » des mères dans les trois-quarts des cas, des familles recomposées (souvent autour de la mère comme point fixe).  Les filles « décrochent » moins que les garçons. Elles ne sont pas plus intelligentes que les garçons, elles ont simplement plus de chance d’avoir des figures féminines comme modèles à l’école.

       Les difficultés scolaires sont souvent moins d’ordre technique que relationnel. On aura beau « améliorer », rénover, « moderniser » les programmes, on ne changera rien. Des « cours de rattrapage », du « soutien pédagogique », sont peine perdue si la « relation mimétique » avec l’enseignant n’est pas stable. La généralisation des tablettes numériques ne risque pas de favoriser la bonne mimésis. Par l’effet des neurones miroirs, on sait que l’enfant n’imite pas une machine, ni un robot, il imite les adultes qu’il a devant lui. La « pédagogie relationnelle » doit d’abord favoriser le lien entre l’enseignant et l’enseigné, entre le « maître des désirs » et le désirant. Et c’est ici que la théorie mimétique est d’un grand secours. Elle est encore trop mal connue, hélas.

     

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