• Shakespeare

     

     

    La clé

     

    Shakespeare paraît souvent obscur – à juste titre. Soit le dramaturge se cache derrière ses personnages, soit le poète se protège derrière une poésie sublime, si brillante qu’elle nous aveugle. Il le savait. Ainsi confie-t-il au sonnet 52 :

              So am I as the rich whose blessed key,

              Can bring him to his sweet up-lockéd treasure.  

              « Je ressemble à un riche ayant une clé d’or

              Qui donne seule accès à son trésor caché. »  

       En disant ceci, il parlait, bien sûr, de sa passion pour W.H., mais la confidence vaut pour sa poésie aussi. Pour ouvrir le coffre bien fermé de sa pensée et de son cœur, il faut beaucoup de patience, il faut d’abord vibrer dans la sensibilité unique de Shakespeare, et seulement après, avec un peu de chance, on découvre des palais grandioses. Sa poésie n’est donc pas un obstacle, c’est l’instrument qu’il faut jouer pour entendre sa musique.

       Shakespeare n’est pas un homme secret – encore que sa discrétion, sa retenue soient légendaires. Celui que Ben Jonson appelait le ‘gentle Shakespeare’ ne donnait pas prise. Le découvrir est comme une révélation. Mais n’en est-il pas ainsi de tous les êtres authentiques ?

     

     

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