• Shakespeare

     

     

     

     

    Mon rival, mon amour

     

    Hotspur est le rival de Hal, futur Henry V. L’affrontement se prépare. Le mimétisme de Hotspur et Hal est intense.

     

    Vernon. By my soul. I never in my life

    Did hear a challenge urg’d more modestly,

    Unless a brother should a brother dare

    To gentle exercise and proof of arms.

    He gave you all the duties of a man,

    Trimm’d up your praises with a princely tongue,

    Spoke your deservings like a chronicle,

    Making you ever better than his praise

    By still dispraising praise valu’d with you ;

    And, which became him like a prince indeed,

    He made a blushing cital of himself,

    And chid his truant youth with such a grace

    As if he master’d there a double spirit

    Of teaching and of learning instantly.

    […]

    Hotspur. Cousin, I think thou art enamorèd

    On his follies : never did I hear

    Of any Prince so wild a liberty.

    But be he as he will, yet once ere night

    I will embrace him with a soldier’s arm,

    That he shall shrink under my courtesy.—

     

    VERNON. – Sur mon âme, de ma vie, je n’ai jamais

    Entendu un défi lancé plus modestement,

    Sinon par un frère à un frère

    Voulant s’exercer galamment à une passe d’armes.

    Il vous a rendu tous les honneurs possibles,

    Ornant ses louanges d’un langage princier,

    Il a décrit vos mérites comme une chronique,

    Vous mettant au-dessus de son éloge,

    Disant qu’aucun éloge ne vaut autant que vous.

    Puis, se montrant en cela vraiment princier,

    Il a, en rougissant, critiqué son propre comportement,

    Il a grondé sa jeunesse turbulente avec tant d’élégance

    Qu’il semblait alors possédé un double esprit,

    Capable de s’enseigner et d’apprendre en même temps.

    […]

    HOTSPUR. – Ah, cousin ! Je crois que tu es amoureux

    De ses folies. Je n’ai jamais entendu

    D’aucun prince une liberté aussi folle !

    Mais, qu’il soit ce qui lui plaît. Avant qu’il soit nuit,

    Je l’embrasserai dans mes bras de soldat,

    Et l’étoufferai le plus cordialement du monde.

     

                                Henry IV 1st part, act V, scene 2, lines 5.1-74

     

    Double langage sauf l’aveu : « Je crois que tu es amoureux ». Nous avons, grâce à Vernon, les deux discours côte à côte : celui de Hal et celui de Hotspur. L’amour et la haine se confondent. Ce n’est pas aussi franc qu’entre Coriolan et Aufidius, mais cela y ressemble.

     

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