• Shakespeare

     

     

      

     

     

    La pierre d’achoppement

    The Bastard.

    Mad world ! mad kings ! mad composition !
    […]
    That broker that still breaks the pate of faith,
    That daily break-vow, he that wins of all,
    Of kings, of beggars, old men, young men, maids,

    Who, having no external thing to lose
    But the word ‘maid’, cheats the poor maid of that ;

    That smooth-fac’d gentleman, tickling Commodity,
    Commodity, the bias of the world,
    The world, who of itself is peised well,
    Made to run even upon even ground,
    Till this advantage, this vile-drawing bias,
    This sway of motion, this Commodity,
    Makes it take head from all indifferency,
    From all direction, purpose, course, intent :
    And this same bias, this Commodity,
    This bawd, this broker, this all-changing word,
    […]

    And why rail I on this Commodity ?
    But for because he hath not woo’d me yet.

     

     

    LE BÂTARD. – Le monde est fou ! les rois sont fous ! l’ordre est fou !

    […]

    Ce corrupteur des résolutions, ce démon sournois,

    Ce courtier briseur de têtes les plus fidèles,

    Ce banal faiseur de faux serments qui l’emporte sur tous,

    Les rois, les mendiants, les vieillards, les jeunes gens, les jeunes filles,

    Celui qui n’a rien de plus visible à déshonorer

    Que le mot « vierge » dont il prive la pauvre vierge,

    Ce gentilhomme à la belle figure, c’est l’opportunisme qui se laisse caresser,

    C’est l’aubaine, le profit, ce penchant naturel du monde,

    Un monde naturellement à l’équilibre,

    Fait pour rouler calmement sur un terrain sans obstacle,

    Jusqu’à ce que la chance, cette ignoble pierre d’achoppement,

    Ne bouscule sa marche, et la bonne occasion à saisir

    Lui fasse perdre son sang-froid,

    Sa direction, son but, son ardeur, ses intentions.

    C’est le même penchant, l’opportunisme,

    Cette entremetteuse, ce trafiquant, ce menteur constant, qui…

    […]

    Mais pourquoi ironiser sur l’opportunisme ?

    Tout simplement parce que l’occasion ne m’a pas encore souri.

     

    King John, Le roi Jean, acte II, scène 2, vers 262 et suivants.

     

     

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