• Éducation

     

     

     

     

    Comprendre ou apprendre

     

    Dans une chronique récente*, Michel Serres, allant à l’encontre des préjugés éducatifs, affirmait qu’il est plus important d’apprendre que de comprendre. Et il donnait pour « preuve » l’apprentissage qu’il avait fait, quand il était petit garçon, des fables de La Fontaine qu’il comprenait seulement aujourd’hui, 80 ans plus tard.

       Cette manie de valoriser la compréhension par rapport à l’exercice de mémoire est aveugle et dangereuse. En effet, dès l’instant où l’on se dit « J’ai compris », on ne fait plus le moindre effort pour s’en souvenir, pour mémoriser quelque chose dont on pense avoir fait le tour. Or comprendre n’est pas synonyme de maîtriser. Analyser est une bonne chose, mais s’en tenir là est stupide. Quand vous aurez terminé votre analyse, vous n’aurez fait travailler qu’une partie de votre cerveau celle qui dissèque, qui réduit en petits morceaux et vous n’aurez pas mis en œuvre le reste du cerveau. Une analyse qui n’est pas suivie d’une mémorisation systématique, ne représente qu’un faible pourcentage de votre capacité d’apprentissage. Quelle perte ! En gros, à l’école, on apprend à démonter les lego, rarement à les reconstruire.

       Depuis quelques décennies, les enseignants « modernes » ont banni le par cœur, croyant, naïvement, que ce qui est répété sans hésitation ni réflexion est une forme d’imbécilité. Comme si la mémoire était l’organe privilégié des crétins ! C’est juste l’inverse qui est vrai.  Il n’y a pas de véritable intelligence sans mémoire. La mémoire en elle-même « ne comprend rien », mais elle sert à tout le reste.

     

     

    * Le sens de l’info sur France Info le 26 novembre 2017.

     

     

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