• Les Sonnets

     

     

    ‘I myself ’

     

    Les Sonnets offrent, par rapport aux œuvres dramatiques, l’avantage exceptionnel de nous montrer Shakespeare au travail, ils nous permettent d’avoir une idée du regard qu’il porte sur l’écriture, sur l’acte poétique lui-même, sur sa création. Son attention et sa réflexion sur lui-même y sont omniprésentes. Les Sonnets ne sont pas une œuvre ordinaire dans la mesure où, pour la première fois sans doute dans l’histoire de la poésie, on y voit un auteur qui se décrit écrivant et qui prend la poésie comme miroir de lui-même. Il n’y évoque pas seulement ses sentiments et ses pensées, il s’y observe et s’examine en tant qu’écrivain. De là à en faire une œuvre autobiographique, la tentation est grande, et nombre de lecteurs, experts ou non de Shakespeare, ont cédé, sans arrière-pensée, à cette tentation.

       Pour comprendre les Sonnets, il faut d’abord savoir de quoi ils parlent, ce qu’ils veulent dire. Et pour cela, il faut bien prendre en compte, d’une manière ou d’une autre, celui qui parle. Pour René Girard, l’implication de Shakespeare dans son œuvre, et singulièrement dans ses Sonnets, est égale à l’implication de Proust dans la Recherche. Évidemment, les Sonnets ne sont pas, à strictement parler, une biographie ─ loin de là même ─, mais « s’imaginer qu’un écrivain comme Shakespeare ait pu passer sa vie entière à représenter un désir totalement étranger à sa propre expérience est d’une absurdité criante. »

     

    Extrait de Shakespeare et son double, L’Harmattan, 2011.

     

     

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