• Perte des liens 

     

     

     

     Particularismes

     

    Il semble impossible de s’attacher à l’humanité toute entière, elle paraît trop grande pour moi encore qu’un bel échantillon de ses représentants se trouve dans ma rue, dans ma ville, dans le même train que moi. Devant la conscience universelle qui monte et se fait de plus en plus claire, les individus reculent et se réfugient, archaïquement, dans leur ethnie, leur tribu, leur clan, leur bande, ils s’enferment dans leur cercle, leur secte, leur confrérie consanguine autant de vocables réunis sous l’étiquette de « communautés ». Cette maladie de l’appartenance est bien compréhensible, elle est le symptôme du manque de liens, de la perte d’attachements, du déficit de tendresse humaine. La peur gagne. Cette « maladie » se caractérise par l’hypertrophie proclamée de la différence. Touche pas à mon image et je croirai mon identité préservée. Puisque l’unité est impossible, ou trop difficile, jouissons de notre diversité, mais chacun dans son compartiment. Le melting pot est redouté, l’individu a peur de s’y diluer. On lui préfère la mosaïque, la balkanisation universelle, la lutte des clans ayant remplacé la lutte des classes. La globalisation, sous la poussée des frayeurs individualistes, devient, selon l’expression de Jean-Claude Guillebaud, « une simple galaxie d’organisations particularistes fonctionnant en réseaux. »  L’Internet est son temple. Les jeunes sont ses adeptes les plus assidus.

     

     

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