• Autonomie absolue 

     

     

     

     

     

    L’enfer de soi

     

     

         ‘What potions have I drunk of Siren tears
         Distill’d from Limbecks foul as hell within…


         « J’en ai bu des potions de larmes de sirènes,

         Provenant d’alambics infects comme l’enfer… »

     

                                                   Sonnet 119

     

       Shakespeare parle de ‘hell within’, c’est l’enfer de soi, l’enfer enfermement.

     

    *

     

    L’individu qui « choisit » sa drogue est persuadé d’exercer sa liberté. Délié du monde, il croit être affranchi de « l’enfer des autres » et il se retrouve dans « l’enfer de soi ». De tous les produits qui magnifient la solitude tout en irradiant le Moi imaginaire, la drogue est évidemment le plus efficace. Ce qui explique son succès, sa diffusion facile, les profits insensés qu’elle génère… La drogue est le plus court chemin de soi à soi. C’est l’enfermement intégral, c’est le retour à l’utérus prénatal. Sous l’effet des stupéfiants, le cerveau génère ses propres images, le drogué se consomme lui-même. Je n’est plus un Autre, Je est Je. ‘I am I ’, hurle Richard III comme un drogué. Dans sa détresse extrême, il n’a plus qu’autre recours que lui-même. Le triomphe éblouissant du MOI-JE est l’apothéose de sa déchéance. Cet être sublimé proche du non-être, le drogué, est un suicidé en sursis. Pas toujours en sursis. 

     

     

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