• Critique 

     

     

     

     

    par Jean-Marie Machet

     

    Une île au milieu du fleuve.  Le sujet essentiel du roman semble bien celui-ci : l’autre est-il accessible dans la fusion ? Le thème répétitif du multiple, de la division et de l’unité permet de comprendre que l’histoire du héros du roman est celui de la solitude de chaque individu. Dans son livre Nul n’est une île, Thomas Merton traitait de la vision chrétienne de la relation à l’autre. Dans le rapport à l’altérité, Joël Hillion prend ici le contre-pied. Saint-Louis est une métaphore : chacun est Une île au milieu du fleuve, même si des ponts comme le célèbre pont Faidherbe avec sa structure en bow-string peuvent donner à penser le lien avec l’autre, avec le continent de l’altérité. L’île vogue vers la haute mer, nous dit l’épilogue, mais c’est un rêve ; on peut douter que l’île La Mark, avec ses doutes et ses fragilités, son besoin de douceur et d’amour, soit en mesure d’affronter le grand large ; François reste un enfant qui veut être bercé. L’île se porte beaucoup mieux « bercée par un fleuve sage et régulier », en restant reliée par un pont au continent de l’autre. Le fleuve est celui du samsara des bouddhistes, celui de la quête indéfinie de l’objet de notre désir.

     

     

     

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