• Shakespeare

     

     

     

     

     

     

    The Pilgrim’s Sonnet

     

    Romeo [to JULIET]
    If I profane with my unworthiest hand
    This holy shrine, the gentle fine is this :
    My lips, two blushing pilgrims, ready stand
    To smooth that rough touch with a tender kiss.
    Juliet. Good pilgrim, you do wrong your hand too much,
    Which mannerly devotion shows in this ;
    For saints have hands that pilgrims’ hands do touch,
    And palm to palm is holy palmers’ kiss.
    Romeo. Have not saints lips, and holy palmers too ?
    Juliet. Ay, pilgrim, lips that they must use in prayer.
    Romeo. O, then, dear saint, let lips do what hands do :
    They pray, grant thou, lest faith turn to despair.
    Juliet. Saints do not move, though grant for prayers’ sake.
    Romeo. Then move not, while my prayer’s effect I take.
    Thus from my lips, by yours, my sin is purg’d.

    [Kissing her]
    Juliet. Then have my lips the sin that they have took.
    Romeo. Sin from thy lips? O trespass sweetly urg’d !
    Give me my sin again.
    Juliet.                             You kiss by the book.

     

     

    Roméo. [Prenant la main de Juliette]

    – Si je profane, de ma main indigne,

    Ce sanctuaire sacré, voici ma pénitence :

    Mes lèvres, comme deux pèlerins rougissants, sont prêtes

    À adoucir cet affront par un tendre baiser.

    Juliette. – Bon pèlerin, vous faites tort à votre main,

    Qui n’a manifesté qu’une honnête dévotion ;

    Car les saintes ont des mains que les pèlerins peuvent toucher,

    Et paume contre paume, ils échangent ainsi un pieux baiser.

    Roméo. – Les saintes n’ont-elles pas des lèvres, comme les pèlerins ?

    Juliette. – Oui, pèlerin, des lèvres destinées à la prière.

    Roméo. Oh, alors ! chère sainte, permettez que les lèvres fassent

    [ce que font les mains :

    Elles prient, exaucez-les, de crainte que la foi ne se change en désespoir.

    Juliette. – Les saintes ne bougent pas tout en exauçant les prières.

    Roméo. – Alors ne bougez pas, que je vienne prendre l’effet de ma prière.

    Ainsi, par vos lèvres, mes lèvres sont purifiées.

    [Il l’embrasse]

    Juliette. – En faisant cela, mes lèvres ont pris le péché.

    Roméo. – Le péché de mes lèvres ? Quel délicieuse faute !

    Rendez-moi vite mon péché.

    [Il l’embrasse]

    Juliette. –                                Vous connaissez l’art d’embrasser.

     

    Roméo et Juliette, acte I, scène 5, v. 93-110

     

     

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