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    Le garçon qui pleure

     

    Résidu archaïque de l’entrainement obligatoire au combat il fallait bien protéger les femelles et leurs petits dans la horde primitive –, la répression de l’émotion chez les garçons continue d’être considérée comme une vertu. En oubliant la frustration qui l’accompagne et les conséquences néfastes d’une telle censure. On sait aujourd’hui qu’un Q.I. non contrôlé par un Q.E. équilibré gêne à la prise de décision. Pas d’émotions pour un soldat : on lui demande de ne pas penser. Mais s’agissant d’un adulte accompli, la répression des émotions est une cause d’irresponsabilité, aggravée par le fait que cette répression est occulte (elle opère par méconnaissance).

       Le mélodrame et le conte « à l’eau de rose » sont bons pour les filles. Quel mépris pour « le sexe faible » ! Mais le garçon, lui, doit se montrer résistant aux émotions. Quand on dit « se montrer », on révèle qu’il n’est pas exempt d’émotions, mais il doit d’abord les cacher faute de les contenir complètement. Quant aux hommes qui « ne ressentent rien », il faut plutôt les plaindre que les critiquer, voire les craindre. Le « Che » n’éprouvait rien, dit-on, en écoutant de la musique. Il ne faisait pas la différence entre une berceuse et une marche militaire. Il était également capable d’exécuter froidement, dans le stade de La Havane, pendant la Révolution cubaine, les opposants au nouveau régime. Quel homme ! Imagine-t-on le « Che » en larmes ? Imagine-t-on Poutine en train de pleurer ?

       Nous sommes conditionnés à aimer les brutes.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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