• Relire Steinbeck 

     

     

     Le sacrifice d'Isaac par Chagall

     

    La bonté des bourreaux

     

    Charles et son frère Adam se sont battus très violemment. Charles, le plus fort, a blessé gravement Adam. Ce dernier se tait.

     

    Charles was not sorry. He had very simply fulfilled himself. Charles did not tell his father about the beating. […] In the months that followed he turned a gentleness on Adam. His speech became softer toward him. He did not punish him anymore. Almost nightly he lectured him, but not violently. And Adam was more afraid of the gentleness than he had been at the violence, for it seemed to him that he was being trained as a sacrifice, almost as though he was being subjected to kindness before death, the way victims intended to the gods were cuddled and flattered so that they might go happily to the stone and not outrage the gods with unhappiness.

     

    Charles ne s’excusa pas. Il pensait qu’il avait fait ce qu’il avait à faire. Charles ne dit pas un mot à son père de la raclée [qu’il avait infligée à Adam].  Dans les mois qui suivirent, [Charles] se montra gentil avec Adam. Il lui parlait avec plus de douceur. Il ne le punit plus. Il lui faisait la leçon presque chaque soir, mais sans violence. Et Adam craignait encore plus sa gentillesse qu’il n’avait craint sa violence, car il lui paraissait qu’on le préparait au sacrifice, comme si on le traitait avec bonté avant sa mort, comme les victimes dédiées aux idoles qui sont choyées et flattées afin qu’elles aillent joyeusement s’allonger sur la pierre et n’outragent pas les dieux avec leur chagrin.

     

    John Steinbeck, À l’est d’Eden, Chapitre 7

     

     

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