• Les Sonnets 

     

     Alessandro Farnesse, duc de Parme, en 1561 :

    il a seize ans.

     

    Reproduction interdite 

     

    Le poète, fasciné par son modèle, a voulu arrêter le temps, ou au moins en « suspendre le vol », et il s’est aperçu que cela était impossible. Ni W.H., ni lui ne survivront à leur temps. L’amant transi avait rêvé d’un amour immortel, d’un temps immobile, d’un « éternel été » pour son bien-aimé et de vers éternels qui assureraient sa survie. Il doit se soumettre au monde où le changement est la règle.

             

              When I perceive that men as plants increase,

              Cheerèd and check’d even by the self-same sky,

              Vaunt in their youthful sap, at height decrease,

              And wear their brave state out of memory :

              Then the conceit of this inconstant stay,

              Sets you most rich in youth before my sight…’ 

     

              « Quand je découvre qu’hommes et plantes grandissent,

              Stimulés ou bridés par le ciel impassible ;

              Que, jeunes fanfarons, ils tombent de leur cime,

              Et que de leur splendeur ils sombrent dans l’oubli ;

              Alors la vanité d’une telle inconstance

              Me révèle à quel point votre jeunesse est rare … »

     

    Sonnet 15

     

       Le cœur de la méditation tient dans l’oxymore magnifique : ‘this inconstant stay’. Il décrit l’instabilité incessante dans la nature : la seule règle fixe de la vie est qu’il n’y a rien de fixe dans la vie ! L’état permanent du monde est son « impermanence » ! Et tous nos efforts se retrouvent ‘out of memory’, tout « sombre dans l’oubli ».

     

    « Vienne la nuit sonne l’heure

    Les jours s’en vont je demeure… »

     

       Pire que le temps qu’Apollinaire voit couler sous le pont Mirabeau, chez Shakespeare, rien ne demeure, tout s’efface, le monde s’effondre après lui. Et cette conscience aiguë de notre finitude est un motif de plus d’aimer ce qui va disparaitre.

     

    This thou perceiv’st, which makes thy love more strong,
    To love that well, which thou must leave ere long
    .’

     

    « Ce que tu vois ici retrempe ton amour :

    Chéris bien cet amour avant de t’en défaire. »

     

    Sonnet 73

     

       Ou comment la conscience vient au secours du cœur.

     

     

    « »
    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :