• Education 

     

     

    Enfants prisonniers

     

    « Natural England, l’agence environnementale publique anglaise, a enregistré la réduction de la liberté de déplacement des enfants d’une même famille, sur quatre générations. En 1926, George Thomas, 8 ans, pouvait se promener seul et pêcher dans un étang à près de dix kilomètres. En 1950, au même âge, son beau-fils Jack marchait trois kilomètres aller et retour jusqu’à l’école, seul. En 1979, sa petite-fille, Vicky, allait elle aussi seule à l’école (et à la piscine), à un kilomètre et demi de chez elle. En 2007, fin de la récré : Edward, le fils de Vicky et arrière petit-fils de George n’a pas le droit de s’éloigner de plus d’une centaine de mètres de la maison. Il va à l’école en voiture, joue sous la surveillance de ses parents et fait du vélo dans des endroits ‘‘sécurisés’’. » *

       Et dans le même temps, on prétend que les enfants sont autonomes. En tout cas, ils sont élevés selon cette idéologie-là. Nous en arrivons à cette contradiction absurde qu’ils sont autonomes mais pas indépendants. Ils passent, seuls, des heures infinies devant des écrans de toutes sortes et ils n’ont pas le droit de sortir. Ils ne sont même pas sous la surveillance de leurs parents, ils sont sous la surveillance de machines à images et à bruits. Ils sont « captifs », comme le proclament triomphalement les annonceurs. Autant dire qu’ils sont détenus, internés, on leur interdit d’explorer le monde autrement que virtuellement. Qui rendra jamais compte de cette dérive de l’éducation ? Qui en tirera les conséquences réelles ?

     

    * Source, Télérama, N° 3493-3494.

     

     

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