• Shakespeare

     

    Rodney Gardiner,

    The Oregon Shakespeare Festival, 2011.

    La rumeur

     

    Induction 

    Warkworth. Before the castle.  

    Enter RUMOUR, painted full of tongues  

    RUMOUR  

    Open your ears ; for which of you will stop
     The vent of hearing when loud Rumour speaks ?
     I, from the orient to the drooping west,
     Making the wind my post-horse, still unfold
     The acts commenced on this ball of earth :
     Upon my tongues continual slanders ride,
     The which in every language I pronounce,
     Stuffing the ears of men with false reports.
     I speak of peace, while covert enmity
     Under the smile of safety wounds the world :
     And who but Rumour, who but only I,
     Make fearful musters and prepar’d defence,
     Whiles the big year, swoln with some other grief,
     Is thought with child by the stern tyrant war,
     And no such matter ? Rumour is a pipe
     Blown by surmises, jealousies, conjectures
     And of so easy and so plain a stop
     That the blunt monster with uncounted heads,
     The still-discordant wavering multitude,
     Can play upon it. But what need I thus
     My well-known body to anatomize
     Among my household ?’ 
     

     

    La RUMEUR, portant un costume couvert de langues peintes, parle : 

     

    « Ouvrez bien les oreilles ! Qui d’entre vous voudrait

    Se les boucher quand la Rumeur parle à voix haute ?

    C’est moi qui, de l’orient au couchant,

    Prenant le vent comme cheval de poste, délie à l’envi

    Les actions qui voient le jour sur cette boule de terre :

    Sur mes langues chevauchent les calomnies incessantes,

    Que je traduis dans tous les dialectes,

    Et j’abreuve de fausses nouvelles les oreilles des hommes.

    Je parle de paix, tandis que l’ennemi se dissimule

    Sous un sourire rassurant et maltraite le monde.

    Qui d’autre que la Rumeur, qui sinon moi seul,

    Fait se rassembler les craintifs sur le qui-vive,

    Tandis que l’année, sous le poids de quelque autre malheur,

    Se croit prête d’accoucher d’une guerre terrible et tyrannique,

    Alors qu’il n’en est rien ?  La Rumeur est un pipeau

    Dans lequel soufflent soupçons, jalousies et conjectures,

    Un instrument si facile à jouer et si maniable

    Que le monstre imbécile à mille têtes ─

    La multitude toujours discordante et chicaneuse ─

    Peut en jouer. Mais ai-je besoin

    De décrire ainsi mon anatomie

    Au milieu des membres de ma famille ? »

     

     

                                King Henry IV part II, Induction, l. 1-22

     

     

     

    « »
    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :