• L'universel

     

     

     

    Universels à la naissance 

     

    Nous sommes facilement émerveillés par la diversité des langues. Pourtant rien n’est plus trompeur que cette diversité. Nous ne naissons pas « divers », mais universels, avec dans notre cerveau inachevé la capacité de les apprendre toutes. Nous possédons, avant même d’avoir respiré, tous les caractères linguistiques communs à toutes les langues du monde ─ ce qu’on appelle les « universaux ». Le nourrisson est capable de discriminer la quasi-totalité des phonèmes humains, c’est-à-dire les 600 consonnes et 200 voyelles environ qu’on trouve dans toutes les langues. Un nouveau-né chinois peut apprendre le zoulou sans la moindre difficulté. Un petit Inuit, placé dans l’environnement convenable, parlera la langue aborigène d’Australie sans effort.  Un Indien du Mato Grosso peut parler l’anglais sans le moindre accent…

       Hélas, en apprenant sa langue maternelle, l’enfant oublie tous les autres phonèmes qu’il était capable d’entendre à la naissance. La conquête de notre identité se paie au prix de la perte de notre universalité ; elle est le fruit de l’apprentissage ; elle est aussi une espèce de sacrifice. Réapprendre son universalité est une tâche longue et difficile. Cela peut prendre toute une vie. Certains n’essaient même pas.

     

     

     

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