• Shakespeare

     

     

     

    Early Shakespeare

    Shakespeare et le désir « spontané » 

     

    Wilt thou be daunted at a woman’s sight ?

    Aye, beauty’s princely majesty is such,

    Confounds the tongue and makes the senses rough.’  

     

    « Te laisseras-tu intimider par la vue d’une femme ?

    Ah, la majesté princière de la beauté est telle

    Qu’elle brouille la parole et déroute les sens. » 

     

                                              Henry VI, part 1, act V, sc. 3, l. 69-71.  

     

    Écrite au tout début des années 1590, Henry VI, première partie, est considérée comme la première pièce de la main de Shakespeare. Il est encore loin d’avoir compris le désir mimétique, « le désir par les yeux d’un autre », comme il le définit dans Le Songe d’une nuit d’été, écrite dix ans plus tard. Comme tout le monde, il croit que la beauté « déclenche » le désir. Selon ce schéma classique (et erroné), la femme provoque le désir chez l’homme et s’il ne le maîtrise pas, c’est finalement de sa faute à elle. Les violeurs n’ont pas d’autre argument. Et ils sont sincères ! Pourquoi cacher une femme sous un voile ? Les méconnaissants assurent que c’est pour la protéger du désir de l’homme. Ils ne se remettent pas en cause eux-mêmes. Comment le pourrait-il ? Shakespeare, lui, y parvient après un long travail sur lui-même. Il est complètement explicite sur le désir mimétique dans le sonnet 114 écrit avant Le Songe. Shakespeare n’était pas seulement un « génie des mots », il était aussi un penseur génial.

     

     

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