• Mimétisme

     

     

     Miroir, mon beau miroir…

     

    « La reine possédait un miroir magique, don d’une fée, qui répondait à toutes les questions. Chaque matin, tandis que la reine se coiffait, elle lui demandait : 

       – Miroir, miroir en bois d’ébène, dis-moi, dis-moi que je suis la plus belle.  

       Et, invariablement, le miroir répondait : 

       – En cherchant à la ronde, dans tout le vaste monde, on ne trouve pas plus belle que toi. » […] 

       La reine croyait être la plus belle femme du monde.  

       Un jour, elle voulut se le faire confirmer par son miroir. Le miroir répondit : 

       – Reine, tu étais la plus belle, mais Blanche-Neige au pays des sept nains, au-delà des monts, bien loin, est aujourd’hui une merveille. 

       La reine savait que son miroir ne mentait pas. Furieuse, elle comprit que le garde l’avait trompée et que Blanche-Neige vivait encore.» 

                                           D’après les frères Grimm.

     

    Dans son miroir (qui n’est pas aussi magique qu’on le croit), la reine cherche son double et c’est évidemment Blanche-Neige qu’elle découvre. Son double est sa rivale, elle identifie son ennemie. Elle hait celle qu’elle voudrait être ! 

       Saint Matthieu (au chapitre 5, 43-44) rappelle les paroles de Jésus le nazaréen : « Vous avez entendu qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent.  » 

       Aimer son ennemi ! Cela est impossible, une pure folie. À moins… À moins d’une prise de conscience totale de ce qu’est l’autre, mon prochain : il est mon miroir. Ce que je hais le plus en lui, c’est ce que je ne veux pas voir en moi ! Françoise Dolto exprime cela en psychanalyste : « Aimer mon ennemi, c’est aimer celui qui est support de ce que je refoule le plus et que je ne veux pas reconnaître en moi. »* En somme, « aimer son ennemi », c’est « aimer son prochain absolument comme soi-même », jusqu’au bout, sans réserve, c’est se confondre à lui.  ’Tis thee my self ’, « Tu es moi », dit Shakespeare à son « presque lui-même » (sonnet 62). Tout est lumineusement clair et incroyablement difficile.

      

    * Françoise Dolto, L’évangile au risque de la psychanalyse, tome 2, éditions Jean-Pierre Delarge, 1978, page 123.

     

     à à à à à à à à à à à à

     

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